La Grande Guerre dans les Vosges - Sources et état des lieux

Autour du colloque ...

Espace livres
© MDAAC, Épinal

* Espace livres

Un espace de présentation et de vente d’ouvrages et de périodiques spécialisés fut ouvert en continu durant les sessions du colloque, du 4 au 6 septembre 2008 dans le hall du Centre des congrès d'Epinal.

Les associations, les universités, les éditeurs spécialisés, les institutions et les collectivités y ont tenu des stands sur demande, réservés à la présentation de publications en rapport avec la Grande Guerre.

Inscriptions des standistes :
Date limite : 20 juin 2008
Contact : Archives départementales des Vosges (03.29.81.80.70, nroux@cg88.fr)

publications

* Publication

Ouvr. coll., Guide des sources de la Grande Guerre dans les Vosges. Archives, bibliographie, sources patrimoniales, dir. I. Chave, Epinal, Conseil général des Vosges, 2008.

* Expositions

Exposition : Une sainte des tranchŕes

« Une sainte des tranchées : Jeanne d’Arc pendant la Grande Guerre »

Exposition temporaire du 1er juin au 30 septembre 2008
Accès libre / Tous publics

Centre Visages de Jehanne
2 rue de la Basilique, à Domrémy-la-Pucelle
Renseignements : 03.29.06.95.86
site.de.domremy@wanadoo.fr
Ouverture tous les jours de 9 h à 12 h et de 13 h 30 à 18 h 30

Le premier quart du XXe siècle a sans conteste représenté l’apogée de la popularité et du culte de Jeanne d’Arc en France. Pendant la première guerre mondiale, elle apparaît naturellement comme une figure tutélaire des troupes françaises au combat et comme un symbole fort du rassemblement patriotique, incarnant l’Union sacrée. Pendant le conflit, l’image de Jeanne accompagne quotidiennement la vie des civils comme celle des soldats. Elle offre une figure d’identification et un modèle pour toutes les couches de la population touchées par la guerre : pour les soldats, car elle est elle-même guerrière, mais aussi pour les civils, particulièrement pour les femmes et les enfants, et pour toutes les victimes de la guerre, dont elle semble partager le martyre.

Puis, au sortir de la guerre, elle sera le personnage-clé de l’art commémoratif qui envahit tous les domaines de la création. L’après-guerre voit ainsi la véritable consécration de Jeanne d’Arc : c’est en 1920 qu’elle reçoit officiellement le titre de sainte Jeanne d’Arc, en quelque sorte gagné dans les tranchées.

L’exposition présente les différentes formes de la dévotion à Jeanne d’Arc pendant la première guerre mondiale, à travers une cinquantaine d’affiches, dessins, cartes postales photographies et films d’actualité : dévotion des soldats et des civils, présence sur le front et présence à l’arrière, approche rationaliste et approche religieuse…

Elle met également l’accent sur la situation particulière du village de Domrémy-la-Pucelle pendant la guerre : situé en bordure du front, il est le centre de pèlerinages fréquents de la part des soldats des armées françaises et alliées et reçoit la visite de nombreuses délégations étrangères. C’est aussi le site d’un important dépôt d’art sacré qui accueille et protège les œuvres d’art évacuées de toute la zone du front.

Expositon : Louis Guingot (1864-1948), inventeur de la peinture de camouflage
© Musée Lorrain, Nancy

« Louis Guingot (1864-1948), inventeur de la peinture de camouflage »

Exposition temporaire du 4 septembre 2008 au 14 janvier 2009
Tous publics.

Musée départemental d’art ancien et contemporain
1 place Lagarde, à Épinal
Renseignements : 03.29.82.20.33
musee-mdaac@cg88.fr
Ouverture de 9 h à 12 h 30 et de 13 h 30 à 18 h.
Fermeture le mardi, le dimanche matin et les jours fériés.

Si la paternité de l’idée même du camouflage et son utilisation dans les combats militaires comme arme défensive et offensive semblent être communes à l’artiste Louis Guingot et aux militaires (et artistes) Louis-Eugène Corbin et Guirand de Scévola, l’inventeur de la première « tenue léopard » est bien Louis Guingot.

Né à Remiremont en 1864, Louis Guingot fait ses études à l’École des beaux-arts et aux Arts décoratifs à Paris. De retour en Lorraine en 1892, il participe au mouvement artistique de l’École de Nancy en introduisant les ombelles du Caucase. Appréciant les grandes surfaces, il réalise de nombreux décors d’édifices publics et de théâtres, notamment pour son ami Maurice Pottecher, créateur du théâtre du Peuple à Bussang en 1895. Il dépose au début du XXe siècle un brevet intitulé « le grand teint », peinture sur tissu, résistante au soleil et à la pluie, commercialisée sous la marque
« Étoffes peintes de Louis Guingot ». En 1914, Louis Guingot a 50 ans. Dégagé de toute obligation militaire, mais conscient du risque couru par les artilleurs sur le front, avec leur uniforme bleu sombre, il pense fondre les soldats dans la nature en peignant leur uniforme de dégradés mêlant les couleurs de la forêt, de la terre, de la roche, de la végétation. Utilisant sa technique d’étoffes peintes, il crée pendant l’été 1914 la première veste de camouflage dans son atelier, rue d’Auxonne à Nancy. En 1915, le ministère de la Guerre reconnaît l’intérêt et l’utilité de dissimuler le matériel de guerre et les artilleurs : le commandement de la section de camouflage est confié au capitaine Guirand de Scévola. Quatre ateliers de préparation sont créés, à Paris (où les « camoufleurs » seront formés), Amiens, Châlons et Nancy. Les civils, notamment les femmes, et des artistes, rappelés du front, sont mis à contribution : Dunoyer de Segonzac, André Mare, Roger de La Fresnay font partie de la section camouflage et participent à une véritable réflexion sur l’art de dissimuler. Toiles, filets,
les « camoufleurs » peignent également le matériel : dans ses carnets de guerre, André Mare croque la façon de camoufler un canon : les formes cassées et géométriques font penser au cubisme. Leur esprit d’observation et d’ingéniosité les amènent à créer des postes d’observation, notamment dans des arbres, ou du matériel de guerre factice (camions, artillerie), destinés à tromper l’ennemi.

Le Musée départemental propose une découverte du camouflage, technique de guerre qui mêle tactique de combat et sens artistique, de son invention à son utilisation militaire pendant la Grande Guerre. Autour de la « tenue léopard » de Louis Guingot, l’exposition sera illustrée par une iconographie du camouflage (photographies, journaux, maquette) et une série d’objets militaires. L’occasion est belle de présenter au public des affiches du temps, redécouvertes lors du récolement des collections. Au service de la propagande et adressées à la population française, elles sont l’œuvre d’illustrateurs et de caricaturistes de renom, comme Poulbod ou Steilen. Leurs thématiques concernent notamment l’appel aux emprunts nationaux et le soutien aux poilus, sollicitant la solidarité et la conscience nationale.

À partir du 10 octobre 2008, le Musée départemental élargira la réflexion à l’activité artistique de cette famille toute entière, à travers les œuvres de son fils Louis-Henri Guingot (1897-1952), sculpteur, et de sa belle-fille Mercédès, graveur sur bois.

 

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